Neuroscience et sophrologie pour apaiser les patients

Christel NEUMAGER
Sophrologue

La sophrologie, accompagnement indispensable à la médecine

Lorsque l’on évoque la sophrologie, on pense en premier lieu à la méditation ou à la relaxation. Mais la sophrologie est bien davantage que cela.

 

Si elle offre une approche psychocorporelle permettant de relier et d’équilibrer le corps et l’esprit pour une sérénité au quotidien, elle a également des effets bénéfiques sur divers symptômes neurologiques, devenant une alliée de poids de la médecine.

 

Quand sophrologie et neurosciences se rejoignent

Quand sophrologie et neuroscience se rejoignent

Des études ont été menées au M.I.T. (Massachussets Institute of Technology) par une équipe de chercheurs en neurosciences (2014).

 

Elles ont permis d’affirmer que les circuits neuronaux connectant l’amygdale (siège de nos émotions primitives telles la peur et l’anxiété) à l’hippocampe (qui participe à l’adaptation d’un individu à son environnement) jouent un rôle crucial dans la façon dont nous associons souvenirs et émotions.


Ces chercheurs ont réussi à inverser la valeur émotionnelle de certains souvenirs spécifiques, c'est-à-dire à remplacer des sensations négatives par des sensations positives ou inversement : en manipulant les cellules des zones concernées grâce à une technique utilisant la lumière pour contrôler l’activité neuronale.


Une équipe de l’Université de Columbia a également montré qu’il est possible d’intervenir sur les neurones responsables de la mémoire de l’odorat : en activant ces neurones, on modifie la perception « négative » ou « positive » d’une odeur.


Ces techniques sont bien connues en sophrologie sous les termes de correction sérielle et de substitution sensorielle. Preuve que le lien se renforce entre les deux disciplines…


Je travaille personnellement régulièrement avec le service de neurologie du CHRU de Rennes et je vois tous les jours les effets positifs sur les patients.

 

Lorsque la sophrologie intervient en médecine classique


Encore trop peu d’études ont été réalisées sur l’intérêt de la sophrologie d’un point de vue médical et son impact sur les patients. Toutefois, plusieurs ont fait évoluer la profession et attestent de l’utilité de la sophrologie pour le corps médical, quelle que soit la discipline et les pathologies des patients.

 

  • Efficacité de la sophrologie dans le traitement de l’insomnie chronique, 2000.
    Les résultats de cette étude ont montré que la sophrologie pouvait être utile dans le traitement de l'insomnie chronique et dans le sevrage des traitements hypnotiques.
  • Impact de la sophrologie sur la tolérance des séances de ventilation non invasive chez des patients en insuffisance respiratoire aigu, 2009.
    Elle a démontré que la sophrologie constitue une aide pour la réalisation des séances de ventilation non-invasive (VNI) chez les patients en Insuffisance Rénale Aigue (IRA).
  • Prévention et amélioration de la prise en charge pluridisciplinaire de la douleur aiguë péri-opératoire de l'enfant, 2009.
    A été avancé que la consommation d’antalgique dans les 30 premières minutes postopératoires était moins importante pour les personnes ayant suivi une séance de sophrologie préopératoire.
  • Utilisation de la sophrologie par les médecins généralistes : une étude exploratoire, 2011.
    Selon cette étude, la sophrologie est un outil relationnel permettant une prise en charge thérapeutique plus efficace.

 

Si la sophrologie ne soigne pas à proprement parler, elle améliore de manière significative la manière dont les patients vivent les soins, les traitements conventionnels et les actes chirurgicaux. Elle fait partie des médecines complémentaires et alternatives (CAM) qui sont de plus en plus présentent dans les milieux hospitaliers.